Contre-études prend racine dans les photogrammétries réalisées pendant la résidence. Plutôt que de restituer les sujets captés, les artistes en recadre les marges : les arrière plans, les pans de paysage oubliés, les zones où rien n’était supposé être regardé. Le sujet s’évacue, et ce qui restait hors champ devient l’image.
Dans ce déplacement, le photo-réalisme vacille. Le numérique glisse vers une matière qui évoque la peinture : aplats incertains, contours vibrants, textures qui hésitent entre le pixel et la touche. Les supports, simples plaques de bois peintes, achèvent de brouiller les pistes : l’œil hésite à dire s’il regarde une impression, un panneau peint, ou quelque chose qui se tiendrait entre les deux.
Cette série donne ainsi à voir des paysages qui se recomposent à travers leurs propres accidents. Un fil fragile les traverse : l’oscillation entre une nature longtemps contrôlée et son propre ré-ensauvagement, entre l’image maîtrisée et ce qui, à ses lisières, recommence à pousser tout seul.

Création réalisée dans le cadre d’une résidence à la galerie du Dourven et présentée pour la première fois au sein de l’exposition qui en a découlé : SEUIL CRITIQUE

Crédits photo : Yoan Brière /@yoan.briere et Léa Molinier / @leamopro