Dans Dioramas, les artistes s’insèrent à la lisière d’un double paysage : celui du parc du Dourven tel qu’il existe aujourd’hui, tangible, qui sert d’écran, et celui de la mémoire de la tempête Ciarán, fantomatique, restitué par des projections photographiques à même les troncs, les branches et les pierres.
Le dispositif est simple : de nuit, une photographie fixe est projetée directement dans l’espace naturel, laissant le paysage lui-même recevoir l’image de ce qu’il fut. Le tout est filmé dans un lent travelling latéral qui révèle, par le mouvement, autant la simplicité que la force du dispositif. La mise en scène permet aux artistes de se replacer à l’intérieur de leurs propres souvenirs, comme s’il s’agissait d’y retourner physiquement.
Mais cette volonté intime, presque romantique, bute sur le réel. Le lieu, devenu support de projection, dissout l’image dès que le point de vue bascule. Le passé se déchire ainsi sur le relief du présent. La figure humaine devient témoin, silhouette de passage entre deux états du réel.
Immobile, elle ne domine pas la scène : elle en fait partie, absorbée dans la texture du monde.

Création réalisée dans le cadre d’une résidence à la galerie du Dourven et présentée pour la première fois au sein de l’exposition qui en a découlé : SEUIL CRITIQUE

Crédits photo : Yoan Brière /@yoan.briere et Léa Molinier / @leamopro