Herbier prolonge la vidéo Le réel se souvient mal, dont il reprend et isole les photographies. Chaque image, prise juste après la restauration du parc, est re-projetée dans l’espace qu’elle représente, puis déformée par les volumes numériques des arbres tombés, encore présents dans les scans mais absents du paysage restauré. L’anamorphose devient alors la trace d’un relief disparu : ce qui n’est plus continue de peser sur ce qui est.
Imprimés sur plexiglas et pris entre deux parois transparentes, ces fragments évoquent l’herbier et la boîte entomologique. Le paysage y est traité comme un spécimen : prélevé, aplati, conservé, offert à l’examen. Mais ce que l’on observe n’est plus une plante ou un insecte, c’est l’image elle même qui se trouve épinglée, figée dans sa déformation, comme si le protocole scientifique s’appliquait désormais au regard plutôt qu’à la nature.

Création réalisée dans le cadre d’une résidence à la galerie du Dourven et présentée pour la première fois au sein de l’exposition qui en a découlé : SEUIL CRITIQUE

Crédits photo : Yoan Brière /@yoan.briere et Léa Molinier / @leamopro